
La confiance fonctionne comme un filet de sécurité dans les relations humaines. Elle nous permet de nous ouvrir à l’autre, sans craindre d’être jugés, rejetés ou trahis. Dans une union entre deux personnes, elle est le cocon dans lequel l’intimité et l’amour s’épanouissent.
Une relation saine et sincère nous fait nous sentir en sécurité, dès lors que nous sommes assurés de la bienveillance et du respect de notre partenaire. La confiance est donc synonyme d’engagement mutuel, de partage.
Dans le couple, son rôle est essentiel, raison pour laquelle, elle trouve sa place dans les vœux de mariage : nous nous jurons « fidélité », et de nous aimer dans « la santé, la maladie ou la pauvreté ». Dans la plupart des unions libres, cet accord, même implicite, reste présent.
La confiance, primordiale pour notre évolution personnelle, repose sur trois dimensions interconnectées :
– La confiance en soi :
Celle qui nourrit notre force intérieure, même lorsqu’elle est partielle ou vacillante. Nous pouvons douter de certaines parts de nous —particularités physiques, intelligence ou encore notre capacité à tisser des liens — mais nous compensons ces fragilités en valorisant nos atouts. Avec le temps et un travail d’introspection, il est possible de croire pleinement en nous et accepter ces « faiblesses » que nous percevions.
– La confiance en l’autre :
Même les plus méfiants d’entre nous conservent un certain degré d’ouverture. Sans elle, se connecter à autrui serait difficile. Elle est le reflet de notre nature sociale. Nous avons tous besoin des autres pour survivre et grandir.
– La confiance en la vie :
La foi en Dieu, en l’Univers ou en une force supérieure, nourrit l’espoir que tout s’arrange. Face aux tempêtes existentielles, elle est la source de notre résilience et nous aide à aller de l’avant.
Face aux défis, ces trois facettes créent une dynamique qui renforce le lien et nourrit la résilience des partenaires. Bien que sa dimension la plus sacrée puisse sembler éloignée des préoccupations quotidiennes, elle offre une stabilité émotionnelle que d’autres aspects du couple ne peuvent garantir. Les sentiments, les émotions sont sujets à des variations. La fatigue et le stress peuvent impacter la sexualité. Parfois, la patience et l’ouverture nous font défaut. Ces fluctuations s’inscrivent dans les cycles naturels de la relation, influencés par notre humeur, notre vie professionnelle ou familiale. Croire en nous, en l’autre, nous aide à accepter ces contretemps, tout en restant convaincus que le calme reviendra bientôt.
Cependant, lorsque le sentiment de sécurité vacille, les fondations de la relation se fragilisent. Si la confiance cimente le couple, la méfiance, elle, provoque un éloignement souvent irréversible.
Nous devons être lucides face à ces fluctuations. Elles ne nous paraissent pas aussi naturelles ni vraiment faciles à appréhender, mais elles sont bien réelles. Elles se manifestent par un changement d’attitude parfois brusque, ou par une évolution lente du comportement de notre partenaire, mais l’une et l’autre nous déstabilisent, nous font douter.
Vouloir en chercher la cause chez l’autre peut se révéler un véritable casse-tête mental. Ce que nous pouvons faire, c’est regarder d’abord en nous-mêmes.
Avant toute chose, la crainte de voir partir notre partenaire, d’être trompé ou rejeté trouve son origine à l’intérieur de nous. Après la lune de miel, il peut être délicat de surmonter les premières difficultés : le sentiment d’abandon qui nous frappe à la première indifférence ou le sentiment de trahison face à des réactions disproportionnées. Cependant, les actions de l’autre sont bien souvent, elles aussi, dictées par la peur.
Les défis ne sont pas les mêmes pour tous. Pour certains, des questions telles que la maladie ou l’éducation des enfants créent un sentiment d’instabilité ; pour d’autres, ce sont l’infertilité, le chômage ou des problèmes financiers qui génèrent des tensions. Ces facteurs négatifs peuvent renforcer le lien ou provoquer un éloignement, mais ils mettent tous la confiance à l’épreuve.
Ici, nous aborderons les défis les plus évidents, bien qu’il soit possible l’analyser chaque situation à travers le prisme de la confiance/méfiance.
Pour ce qui est de la jalousie et de l’infidélité, il nous faut prendre conscience qu’elles naissent tout d’abord de nos propres insécurités :
La jalousie reflète nos doutes, en effet, elle met en lumière ce que nous n’aimons pas chez nous. Nous jalousons la beauté qui capte l’attention de notre partenaire, ou le charisme de ce collègue omniprésent dans ses conversations. En projetant nos inquiétudes sur l’autre, nous adoptons des comportements contrôlants qui restreignent sa liberté individuelle. Finalement, nous nous méfions de lui, alors que nous devrions nous interroger sur nous-mêmes, sur cet égo qui nous fait croire que nous ne sommes pas assez, derrière des phrases telles que : « il n’est pas digne de ma confiance ».
L’infidélité, quant à elle, est souvent une quête d’identité ou une réaction à des frustrations accumulées. Nous cherchons à l’extérieur du couple ce que nous avons du mal à trouver en nous : la valorisation, ou le courage d’apporter les changements nécessaires à notre vie, comme déménager ou se réinventer professionnellement. L’envie de nouveauté, combinée à l’apparente facilité de se connecter à quelqu’un qui ignore tout de nos défauts, fait le reste.
Ces comportements extrêmes révèlent des besoins émotionnels non comblés, pour lesquels nous rejetons la faute sur l’autre. Laisser nos peurs parler pour nous, sans place pour l’introspection, revient à attendre qu'il ou elle répare nos failles. Nous pouvons bien entendu nous éloigner de ce qui ne nous convient plus, mais, un jour ou l’autre, nos blessures finiront par nous rattraper.
À l’inverse, une confiance un peu naïve peut s’installer au sein du couple. Nous croyons que rien ne peut nous arriver, que l’amour est plus fort que tout. Cette vision, bien que réconfortante, peut causer des dommages considérables. Elle nous empêche de voir l’autre tel qu’il est et de nous montrer tels que nous sommes. Ce déni peut conduire à accepter des comportements toxiques ou à ignorer les signes évidents d’un profond mal-être. En refusant l’authenticité que la relation exige, nous nous construisons sur des bases fragiles que le temps finira par ébranler.

Le Kintsugi est un art japonais, où l’on répare la céramique, la porcelaine et la faïence en les embellissant. « Kin » signifiant « or » et « tsugi », « jointure » en japonais.
Parfois, malgré les séismes relationnels, le couple résiste. Mais qu’en est-il des fractures qui se sont créées ?
Un vase qui se fêle ne sera plus aussi solide qu’auparavant. La fissure sera toujours présente dans la céramique, comme la méfiance tissera le lien suite à une trahison, quelle qu’en soit sa nature.
Pourtant, il est possible de sublimer nos cicatrices. L’art du Kintsugi nous apprend qu’en réparant sans camoufler, nous transformons nos fragilités en forces. En assumant le passé, sans toutefois le ressasser, nous pouvons choisir la voie de l’honnêteté, de la transparence, et, ainsi, débarrassé de nos illusions, nous serons capables, pourquoi pas, de reconstruire le couple.
Le manque de confiance en nous peut se manifester de forme plus sournoise. On peut en effet se sentir sûr de soi dans presque tous les aspects de notre vie, mais se remettre en question à chaque déséquilibre dans le couple. On se demande si l’on a dit quelque chose qui a blessé notre partenaire, si on s’est montré assez attentif, ouvert à son égard, assez présent et à l’écoute de ses peurs, de ses difficultés. S'il ne répond pas à un message, par exemple, nous allons relire ce qui a été dit ou nous repasser le film de notre dernière conversation téléphonique.
Ce besoin, souvent inconscient, de tout réparer, de tout prendre sur nous, vient d’une peur née dans notre petite enfance, la blessure d’abandon.
Je reviendrai plus en détail sur les cinq blessures de l’âme dans un autre post, mais il me semblait essentiel de parler de celle-ci dès à présent.
Si tu sens aussi parfois, en toi, se manifester ce syndrome du sauveur, il est peut-être temps de t’y attarder. Assumer nos failles est sans aucun doute vital, synonyme d’une grande lucidité, mais nous devons comprendre que notre partenaire a également les siennes. Sortir du contrôle, accepter les événements reste un objectif atteignable avec cette blessure. La pleine conscience en est le premier pas.
Préserver la confiance au sein du couple demande du temps, un dialogue sincère et deux volontés focalisées sur un même objectif. Il faut être capable de formuler des excuses quand cela est nécessaire et savoir se pardonner à soi-même et à l’autre. Se délester ainsi du poids de la culpabilité nous aide à accepter que chacun a sa part de responsabilité.
Si nous désirons évoluer dans une relation stable, c’est aussi à nous de mettre l’autre en confiance. Le travail se fait en binôme, en miroir : en créant un espace serein et sécurisé pour notre partenaire, nous le créons également pour nous.
Travailler ensemble : la confiance demande un dialogue et une coopération constante.
Être honnête et sincère : partager ouvertement nos pensées et nos intentions diminue les inquiétudes de notre partenaire face à nos zones d’ombres.
Mettre l’autre en confiance : rester attentif à ses besoins et à ses gênes et ajuster notre comportement, autant que possible, sans toutefois sacrifier nos valeurs.
Éviter les jugements hâtifs : un changement d’attitude chez l’autre ne signifie pas qu’il nous trahit, mais peut être simplement que quelque chose le préoccupe.
Reconnaitre ses peurs : identifier nos blessures (abandon, rejet, trahison, humiliation et injustice) permet de mieux comprendre nos réactions et celles de l’autre.
Accepter les fluctuations : les fluctuations de la confiance au sein du couple peuvent être perçues comme des opportunités d’amélioration, plutôt que comme des menaces à la relation.
Éviter les excès : trop se remettre en question dénote un manque de confiance en soi qui freine le travail collaboratif que le couple exige.

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